Nous avons intégré l’idée que le multitâche est une compétence professionnelle.

Répondre à des emails pendant une réunion.
Analyser un tableau de bord tout en participant à une discussion stratégique.
Gérer simultanément plusieurs flux d’information.

Cette hyperactivité crée une impression de performance.

Les neurosciences cognitives racontent une autre histoire.

Le cerveau ne fait pas deux choses complexes à la fois

Contrairement à une idée répandue, le cerveau ne traite pas deux tâches cognitives exigeantes simultanément. Il alterne très rapidement entre elles.

Chaque bascule entraîne un coût : micro-perte d’attention, ralentissement du traitement, altération de la mémoire.

Individuellement, ce coût semble marginal.
Collectivement, il devient stratégique.

Dans un comité de direction, une attention fragmentée peut faire disparaître un argument clé. La décision prise paraît cohérente, mais elle repose parfois sur une compréhension partielle.

Et personne ne le perçoit en temps réel.

L’illusion de compétence multitâche

Les études montrent un phénomène paradoxal : les individus qui se considèrent performants en multitâche sont souvent ceux qui surestiment le plus leurs capacités.

Le sentiment d’efficacité ne correspond pas toujours à la performance réelle.

En entreprise, cette illusion peut conduire à multiplier les réunions, les notifications, les sollicitations, au détriment de la profondeur d’analyse.

La surcharge informationnelle comme risque stratégique

Nous sommes exposés à un volume d’information sans précédent. Le cerveau filtre en permanence.

La mémoire de travail est limitée. Lorsqu’elle est saturée, certains éléments disparaissent avant même d’avoir été consolidés.

Dans un contexte stratégique, cette limite cognitive peut altérer la qualité de la décision sans que le groupe en ait conscience.

Protéger l’attention collective devient alors un enjeu organisationnel.

C’est ce travail de prise de conscience que je mène lorsque j’interviens comme conférencier magicien entreprise, attention & mémoire (https://www.magicienh.fr/conferencier-magicien-mentaliste-entreprise-biais-cognitifs-ia/). En rendant visibles les limites cognitives par l’expérience, les équipes comprennent que l’efficacité ne réside pas dans la simultanéité, mais dans la clarté.

Repenser l’efficacité

Réduire les interruptions.
Clarifier les messages clés.
Structurer les réunions autour de décisions explicites.

Ces ajustements semblent opérationnels.
Ils sont en réalité cognitifs.

L’attention est devenue la ressource la plus rare de l’entreprise contemporaine.

La protéger n’est pas un luxe.
C’est un choix stratégique.