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Mentalisme : interview de Julien Losa

Julien Losa, mentaliste

Mentalisme : interview de Julien Losa

Magicien et mentaliste reconnu et respecté par ses pairs, Julien Losa est également le créateur de la revue Imaginarium. Il nous explique son parcours dans le domaine de la prestidigitation et son approche en la matière. Rencontre.

Comment avez-vous découvert l’univers de la magie ?

Julien Losa : un peu par erreur…. J’achetais énormément de dvd au début des années 2000 et j’ai reçu par erreur « l’école de la magie volume 1 » de Dominique Duvivier… puis j’étais « foutu »: ça ne m’a pas quitté. C’est une discipline très addictive quand on y pense, la magie… On est toujours en recherche de secrets au début, inlassablement…. Et j’ai cette fâcheuse habitude lorsque je commence quelque chose de me sentir « en retard » sur ceux qui ont commencé avant. Du coup, je travaille, je lis, ça devient une obsession.… Je me suis calmé depuis….

Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans le domaine du mentalisme ?

Julien Losa : vers 2006 j’ai assisté à une conférence d’Yves Doumergue à Nancy, et j’ai trouvé le mentalisme beaucoup plus crédible… J’ai toujours dit que le mot « magie » était galvaudé au fil des ans et j’ai retrouvé cette crédibilité via le mentalisme…. Malheureusement j’ai la sensation que ce galvaudage est en train de s’étendre au mentalisme, on perd peu à peu le sens du mystère, du vrai mystère….

Comment expliquez-vous le regain d’intérêt du grand public pour cette discipline ?

Julien Losa : à ma connaissance il y avait peu de mentalistes avant la série.… Je pense que c’est la série qui a créé cette branche commerciale (n’ayons pas peur des mots c’est ce que cette discipline est devenue…) et qui a fait naître cet intérêt du grand public.… Ce qui dans un sens est presque dommage… ça me fait penser à un événement récent : Antonio a gagné La France a un incroyable talent et depuis on voit fleurir des magiciens faisant la bague volante, ou encore la prédiction avec découpage papier / silhouette. Je trouve profondément dommage qu’il faille que les magiciens voient un effet cartonner en tv pour se jeter à corps perdu dans cet effet. De l’originalité que diable !

Quelles sont les qualités d’un bon mentaliste ?

Julien Losa : je pense que là où les magiciens se plantent complètement lorsqu’ils se mettent au mentalisme c’est qu’ils oublient que le mentalisme n’est pas un truc pour se faire briller, c’est un partage.… Le mentalisme doit clairement être tourné vers le spectateur… D’où cette fameuse guerre mentalisme/magie mentale.… Pour moi, un bon mentaliste doit être à l’écoute de son public et ne pas finir ses expériences par un sourire bright.… Il doit être curieux également.… Et de tout ! Curieux de ce que peuvent ressentir les spectateurs face à du mentalisme, curieux de sa discipline (et creuser pour trouver des choses originales), etc.

Quelles sont les grandes figures du mentalisme qui vous ont influencé ? Les lectures qui vous ont marqué ?

Julien Losa : évidemment je ne peux pas ne pas citer Derren Brown.… Je pense que tout mentaliste actuel est forcément inspiré par le travail de Derren…. Après, certains « tuent le père » comme on dit, et d’autres pas, question de goût et d’éthique.… Mais Derren Brown a placé la barre si haute que c’est inspirant, quoi qu’il arrive. J’ai également énormément d’admiration pour la « vieille école » : Max Maven, Banachek, etc. Et également pour la très vieille école : Dunninger, Bert Reese, Georges Anderson….

Quels conseils prodigueriez-vous à un magicien débutant ?

Julien Losa : d’être passionné, curieux, de se donner le temps d’être bon avant toute chose…. On vit une époque où l’on a accès a beaucoup plus d’informations que nos aïeuls : l’air de rien à l’époque avoir accès à un livre ou une VHS était long.… Du coup, nos « ancêtres » travaillaient énormément pour maîtriser leur art… maintenant, tout est à portée de clic et avec en moyenne un tour par jour et par pays qui sort, il y a une surabondance de connaissances et… au final très peu de maîtrise, de pratique. Il faut pratiquer… et se remettre en question, sans arrêt. Et savoir s’entourer.

Propos recueillis par Hervé Troccaz